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Comme des Nomades

aout 2018
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Carnet de voyage

La Mongolie fait partie de ces pays dont le nom fait déjà voyager. Une destination qui semble lointaine où le voyageur va forcément se perdre, remettre en question ses repères, ses habitudes et jusqu’à sa vision des choses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dépaysement est total et que le pays redonne au voyage ses lettres de noblesse.

Départ
04 aout 2018

Paris, France Oulan-Bator, Mongolie

Premiers pas en Asie Centrale

Je déteste prendre l’avion. J’adore voyager. Alors je prends l’avion… mais je déteste vraiment ça ! Le décollage approche, j’attache ma ceinture et me plonge dans un bouquin. Le vol jusqu’à la capitale mongole, via Moscou, passe vite. Je suis devant le carrousel à bagage et supplie le dieu des aéroports de voir arriver mon sac à dos. Je sais qu’Aeroflot n’est pas réputée pour sa capacité à restituer systématiquement tous les bagages à ses passagers.

Tout se passe finalement bien pour moi et je rejoins la guide qui attend notre groupe au niveau des arrivées.

Je suis le genre de personne qui vit très mal une nuit blanche ou le moindre décalage horaire donc les yeux piquent un peu lors de la visite du musée et des autres attraits de la ville. cette première journée est malgré tout l’occasion de faire connaissance avec le reste du groupe et une très bonne ambiance s’installe tout de suite entre nous, le voyage promet d’être sympathique ! Nous buvons une bière ensemble le soir à Ulan Bator mais personne ne fait long feu, nous partons demain à l’assaut des steppes et nous préférons partir bien reposés.

J 2
06 aout 2018

Et autour de nous, un autre univers...

Oulan-Bator, Mongolie Amarbayasgalant Khiid, Mongolie

Le matin du deuxième jour, nous prenons nos quartiers dans les vans qui vont nous suivre tout au long de notre périple dans les steppes. Il s’agit de vieux camions datant de l’époque de l’union soviétique arrivés en Mongolie grâce à la proximité géographique avec la Russie. Exactement ce dont nous avons besoin pour évoluer sur les pistes inégales des steppes. De bons vieux tromblons solides et incassables.

A mesure que nous roulons, nous délaissons derrière nous la grande ville et ses bâtiments modernes, le paysage change assez vite, nous sommes rapidement entourés d’immenses plaines qui s’étendent à perte de vue. Nous sommes toujours sur une route asphaltée qui nous rappelle la présence de l’homme mais ne tardons pas à la quitter pour rejoindre la piste et, peu à peu, sans même nous en rendre compte, nous nous retrouvons au milieu de nulle part. Lorsque vient l’heure du déjeuner, je suis impressionnée par la logistique qui se met en place. En deux temps trois mouvements, une table est installée, les tabourets disposés autour de celle-ci et les assiettes et couverts dressés. Nous prenons place et dégustons la salade composée confectionnée par notre cuisinière. Moi qui m’attendais à pique-niquer pendant quinze jours assise en tailleur dans
l’herbe, je m’étais trompée !

Nous montons notre premier campement, au bord d’une rivière asséchée, non loin d’un site monastique que nous visiterons demain. Je prends quelques minutes pour contempler ce qui m’entoure. De grandes plaines verdoyantes, un troupeau qui paît et tout au fond là-bas : le site d’Amarbayasgalant, posé là au milieu de la steppe, comme un mirage. Je ne peux m’empêcher de prendre quelques photos, les couleurs sont si belles, puis je mets sur pied ma tente avec une étonnante facilité et commence à croire que je suis peut-être faite pour le camping. Moi qui pensais que le montage et le démontage des tentes allait être pénible…

J 3
07 aout 2018

La steppe, les Nomades et nous.

Mongolie

L’odeur des crêpes chaudes que confectionnera notre cuisinière, chaque matin ,tout au long du voyage me tire de mon sommeil. J’ouvre ma tente et aspire une grande goulée d’air frais. Que c’est bon !

Repus d’un bon petit-déjeuner, nous nous mettons en marche en direction du monastère. Le site est sublime, nous apprenons qu’il a échappé aux purges antireligieuses qui ont dévasté la plupart des monastères du pays au XX ème siècle. Nous avons la chance de visiter le site alors que de jeunes bouddhistes sont en train de prier. Nous découvrons donc le temple au rythme des mantras entonnées en cœur par l’ensemble des enfants. Le temple d’Erdene Zuu que nous visiterons plus tard sera également une chouette découverte et une introduction intéressante au bouddhisme tibétain.

Si les sites monastiques que nous aurons eu la chance de découvrir sur notre route auront joliment ponctué le parcours, ce sont les marches au milieu des décors vierges de toute trace de civilisation et les moments de partage avec les nomades croisés le long du chemin, et le reste du groupe, qui m’auront le plus marquée.
Chaque détour dans les yourtes des nomades est l’occasion d’une bonne tranche de rire au moment de déguster les différents mets offerts par nos hôtes. L’accueil des nomades est toujours sincèrement chaleureux et il se traduit en partie par le partage de spécialités locales auxquelles nos papilles sont loin d’être habituées. Le Tsai (genre de thé chaud salé) passe encore mais le Tarag, Byaslag ou pire l’Airag nous filent des frissons. Je me souviens la fois où la maîtresse de maison a servi cet immense bol d’Airag que nous nous sommes ensuite fait passer à tour de rôle. Chacun prenait une gorgée, mais ça n’en finissait pas tellement nous nous contentions de simplement tremper les lèvres. Nous étions tous installés en rond dans la yourte et lorsque venait le tour du voisin d’en face de se délecter du délicieux breuvage, nous ne manquions pas d’envoyer quelques regards rieurs et encouragements. De vrais gamins. Alors que nous avions l’impression de voir enfin le bout, mon cauchemar est devenu réel lorsque la dame a resservi à ras bord le bol que nous avions eu tant de mal à finir. La guide a fini par avoir pitié de nous et a terminé d’une traite le fameux bol. Impressionnant ! Nos passages dans les yourtes sont également l’occasion de côtoyer d’un peu plus prêt le mode de vie nomade grâce aux explications et traductions de notre guide qui elle-même est issue d’une famille Nomade. D’ailleurs, à chaque fois que nous croisons des familles, elle demande en mentionnant simplement le prénom de son père si la personne interrogée a vu son père et sa mère dernièrement. En général, les réponses sont de l’ordre de « oui, à trois jours de marche au nord » ou « non, la dernière fois c’était il y a quelques mois, ils étaient dans les montagnes au sud ». Pour la petite anecdote, notre guide finira par apprendre deux jours avant de rentrer à Oulan Bator que ses parents sont aux abords de la ville et qu’elle pourra les trouver là-bas. Elle n’avait pas vu ses parents depuis plus de six mois. Je suis fascinée par ce mode de vie et me sens privilégiée de pouvoir le découvrir et prendre conscience de cette autre vision du quotidien.

La Mongolie me déracine et m’offre une nouvelle perspective, une autre façon de voir la vie… c’est pour cela que je voyage, c’est un enrichissement hors pair que d’avoir conscience de l’autre et d’approcher l’inconnu.

J 14
18 aout 2018

Le retour

Oulan-Bator, Mongolie Paris, France

L’heure du départ a sonné et je regrette déjà les repas partagés avec ce groupe soudé et déconneur. Je revois les couleurs incroyables des couchers de soleil, des arcs-en-ciel venus d’ailleurs et de l’étonnant désert de Mongol Els dont le sable jaune tranche avec le vert des steppes. J’entends encore les bruits de la nature dans la nuit noire et les sabots des chevaux qui battent le sol lorsqu’ils foncent à vive allure devant notre campement. Et, je revois les visages sourieurs de ces nomades, les vrais.

Tous ces souvenirs m’inspirent quelques vers alors que l’avion fonce vers Paris et rattrape les fuseaux horaires. Ces quelques vers résument la beauté d’un voyage que je n’oublierai jamais.

Si la terre est à tout le monde
Et à personne à la fois. 
S'il n'y a que l'orage qui gronde
Et qu'la nature fait sa loi.


Si les grands arcs qui fendent le ciel
sont comme l'oeuvre d'un chaman.
Si les chevaux cavalent sans selle, 
sous l’œil d'un faucon qui plane.


Si les rencontres sont éphémères
et l'accueil toujours égal. 
Si leurs maisons étaient en pierre, 
leur liberté mise à mal.


Si les troupeaux craignent les loups
Et l'hiver qui est si rude. 
Si le bonheur est aussi doux
Que l'absence d'habitudes


Si les montagnes sont des refuges, 
Les rivières des abreuvoirs. 
Si sur le sol glissent les déluges, 
les pluies de certains soirs.


C'est qu'le décor de ce voyage
est celui d'la steppe sauvage, 
D'une Mongolie dont la beauté 
est un moment à savourer.

Retour
19 aout 2018
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