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Baigné par la mer Rouge et le golfe Persique, l’Arabie Saoudite est le plus grand pays du Moyen-Orient. Mais c’est aussi l’une des terres les plus confidentielles du globe, dernière-née du tourisme mondial. C’est donc tout naturellement qu’Issa, créateur de voyages en Orient et Asie centrale, a jeté son dévolu sur cette terra incognita, nimbée de mystères et de sites grandioses, tels le désert d’Al-‘Ula et la cité nabatéenne d’Hégra, comparable à la fameuse Pétra. Dans la lignée des voyages en Arabie Saoudite qu’il a créés, Issa dévoile dans cette interview les richesses insoupçonnées de cette toute nouvelle destination à explorer, et tord le cou aux idées reçues. Bienvenue au royaume d’Arabie !

1) On m’a dit que ce pays est difficile d’accès…

Plus maintenant ! Voyager en Arabie Saoudite est désormais possible ! Depuis septembre 2019, le royaume a ouvert ses portes à tous les visiteurs étrangers (hors pèlerinage). Desservi par 13 aéroports internationaux (et 15 locaux), on rejoint facilement son immense territoire et ses multiples régions, y compris depuis la France grâce à un vol direct Paris-Riyad de 6h. Quant aux formalités administratives, elles sont assez simples : la demande d’un e-visa se fait en ligne et celui-ci est délivré en 1 ou 2 jours ouvrables, avec pour seule restriction de ne pas s’être rendu en Israël lors de précédents voyages. Dans ce contexte de crise sanitaire, la vaccination contre la Covid-19 et un test PCR négatif de moins de 72h sont également requis. Enfin, une fois sur place, en dehors des zones frontalières du sud proches du Yémen, en proie à la guerre civile, tout est mis en œuvre pour que la sécurité soit parfaitement assurée et que les déplacements intérieurs se fassent sans encombre.

Ville et désert d’Al-‘Ula © Alain Capestan

2) On m’a dit qu’il y a tout pour se déplacer, dormir, se restaurer…

Complètement ! À l’instar de ses voisins les Émirats arabes unis ou le Sultanat d’Oman, le pays possède des infrastructures modernes et développées. Cela se traduit, pour se déplacer, par un réseau routier fiable, en grande partie bitumé et bien entretenu, et l’utilisation d’une flotte de véhicules récents. On parcourt ainsi ses déserts en 4×4 et ses centres urbains en minibus. Le réseau ferroviaire s’est, lui aussi, bien étendu depuis le début du XX ͤ siècle. La ligne de chemin de fer à voie étroite du Hedjaz, qui transportait auparavant les pèlerins de Damas en Syrie à Médine, a laissé la place en 2017 au train à grande vitesse : le Al Haramain Express qui relie en seulement 2h30 La Mecque à Médine. Les nostalgiques des vieux rails pourront, tout de même, se réconforter avec les nombreux vestiges de l’ancienne voie mythique qui subsistent : locomotive couchée à Hadiyah, km 1121 où Lawrence d’Arabie tenta de faire exploser un train en avril 1917, ancien train immobilisé à quai à la gare d’Al Buwayr… Côté hébergements, on dort sur ses deux oreilles (et sur d’excellents oreillers) dans les grandes villes comme en plein désert. Hôtels tout confort de 3* à 5* et campements luxueux (avec chambres spacieuses, terrasse et salle de bain privatives, restaurant et parfois même la piscine), composent l’essentiel du parc hôtelier. Quant à la gastronomie locale, celle-ci mêle avec brio de multiples influences : occidentales, libanaises, indiennes, yéménites… que l’on peut savourer, sur le pouce, dans les échoppes de street food et food trucks disséminés dans le quartier d’Al Balad à Djeddah. Autant dire, qu’on est bien choyés et, qu’on peut voyager en Arabie Saoudite l’esprit tranquille.

Tour Al Faisaliah à Riyad © mmuenzl / stock.adobe.com

3) On m’a dit que l’Arabie Saoudite est un tas de sable…

Pas tout à fait ! Bien que le désert occupe près de 80% de son territoire, l’Arabie Saoudite renferme des paysages plus insolites comme les montagnes et forêts luxuriantes d’Al Bahah ou les monts Sarawat avec le majestueux sommet du Jebel Mussala. Dans ces régions perchées à plus de 2 000 m d’altitude, bien au-dessus des plaines désertiques, on y découvre, avec surprise, des villages cachés dans la brume, des routes en épingle à cheveux où errent les babouins, des cultures en terrasse mais aussi… non loin de là, comme un mirage, le cratère volcanique d’Al Wahbah avec son lac blanc aux cristaux de phosphate de sodium. Les villes offrent également leur lot d’originalités telles Taïf, avec ses oueds luxuriants et ses roses parfumées qui embaument toute la vallée ou encore la corniche de Djeddah surplombant la mer Rouge, promesse à la flânerie et aux baignades.
Bien sûr, voyager en Arabie Saoudite implique forcément une immersion dans les déserts. Les amoureux des dunes ne seront pas en reste puisque l’Arabie Saoudite héberge au sud le Rub’ al-Khali (le Quart Vide ou localement surnommé le Néfoud) avec ses sables ocre, soit le plus grand désert au monde et au nord, une myriade d’ergs et d’oasis à explorer en 4×4 ou à pied via de nombreux sentiers de randonnée. Parmi les plus célèbres : le désert d’Al’-Ula avec ses canyons et roches aux formes surnaturelles (tel le Jabal Alfil, le rocher de l’éléphant, un monolithe de grès de 52m de haut) ; les falaises du bord du monde aux couchers de soleil magiques ; les palmeraies et sources naturelles d’Ushaiger ou encore la région de Buraydah avec ses dattiers et son grand marché aux chameaux, l’un des plus importants au monde.

1) Désert d’Al-’Ula © hyserb / stock.adobe.com 2) Corniche de Djeddah © Fredy Thürig / stock.adobe.com 3) Cratère d’Al Wahbah dans la région de Hejazi © STA 4) Mont Faifa dans la région de Jizan © Abdullrahman Almalki / stock.adobe.com

4) On m’a dit que c’est le berceau de l’islam…

Et comment ! C’est en Arabie Saoudite que le prophète Mahomet serait né vers 570 et que les civilisations préislamiques y auraient fait souche. À partir de là, on comprend mieux pourquoi le pays a été littéralement façonné par le tourisme religieux. Comme au Vatican ou à Saint-Jacques-de-Compostelle, il vit depuis des millénaires au rythme des fêtes religieuses et de ses grands pèlerinages dans les villes saintes de La Mecque et Médine, mondialement connues.
Pour ce qu’il en est de la pratique actuelle de la religion musulmane, elle devient peu à peu moins rigoriste, plus ouverte, surtout auprès des nouvelles générations. L’alcool y est interdit mais les soirées, concerts, visites de musée et expositions tendent à se démocratiser doucement. Concernant le style vestimentaire à adopter pour voyager en Arabie Saoudite : mesdames, pas besoin de revêtir l’abaya noire traditionnelle, ni messieurs, de porter le shemagh (keffieh saoudien à damier rouge et blanc) ! Il s’agit juste de privilégier des vêtements amples couvrant les bras et les jambes (pas de short). Et le voile pour les femmes n’est obligatoire que dans les lieux de culte. « Incha’Allah ! »

1) Mosquée flottante Al Rahma à Djeddah © HugoTrix / stock.adobe.com 2) Saoudien avec son shemagh face à Al-‘Ula © brizardh / stock.adobe.com

5) On m’a dit que l’Arabie Saoudite est une mine de trésors culturels…

Oh que oui ! De la période nabatéenne au commerce des épices et de l’encens en passant par les grandes explorations des déserts de Lawrence d’Arabie, l’Arabie Saoudite a laissé des traces encore bien visibles de sa riche histoire sur tout son territoire. L’ancienne cité nabatéenne d’Hégra (ou Madâin Sâlih), classée au patrimoine mondial de l’Unesco, en est l’un des plus bels exemples. Avec ses 111 tombes taillées dans le grès, cette deuxième « Pétra » est une véritable merveille. Au nord-est, on continue de voyager en Arabie Saoudite en remontant le temps grâce au site archéologique de Jubbah qui déroule sur ses parois des gravures paléolithiques vieilles de 11 000 ans. Par ailleurs, les cités fortifiées sont légion en Arabie Saoudite. Parmi les plus représentatives, on peut aller admirer : l’ancienne ville d’Al Diriyah avec ses ruines en brique crue, qui scelle la naissance en 1745 du tout premier état saoudien ; le fort d’Al Masmak à Riyad ou encore les forteresses imposantes d’Al Qashlah et Aarif à Ha’il, construites en terre, respectivement dans les années 1940 et XVII ͤ siècle. Enfin, les chasseurs de pépites et d’authenticité trouveront leur bonheur dans les villages historiques et patrimoniaux d’Ushaiger et de « Dhi-Ein ». Si le premier se trouve en plein désert et offre un dédale de ruelles et de maisons typiques à l’architecture Najdi, le second, édifié au VIII ͤ siècle au sommet d’une montagne blanche, est célèbre pour ses nombreux forts, la culture de bananes, citrons, poivre, basilic et pandus (cadi), ainsi que pour son artisanat. Accompagnés d’un guide, en petit groupe, on accède plus facilement à ces joyaux pour en percer leurs secrets…

1) Village de Thee Ain – Al-Bahah © Fredy Thürig / stock.adobe.com 2) Fort Masmak à Riyad © Frida&Diego / stock.adobe.com 3) Vieille ville d’Al-‘Ula © mstarling / stock.adobe.com 4) Tombe d’Hégra ou Madâin Sâlih © hyserb / stock.adobe.com

Photo de Une : Voyager en Arabie Saoudite – site de Madain Saleh © hanohiki / stock.adobe.com

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