Dans Actus Nomade

Cinq à six millions de téléspectateurs sont, chaque vendredi soir, devant leur télé pour suivre la 22ème saison régulière de Koh-Lanta, qui se déroule en Polynésie française, autour de l’île Taha’a (que vous pouvez d’ailleurs découvrir sur certains de nos voyages, comme celui-ci ou celui-là), dans l’archipel des îles Sous-le-Vent. Chez Nomade, nous confessons un regard attentif, et une petite préférence, pour l’une des candidates, Candice. Non seulement parce qu’elle est sympa, mais aussi parce qu’elle est, dans la vie, instructrice de survie pour la structure avec laquelle nous organisons nos stages et voyages de survie. Donc peut-être vous apprendra-t-elle un jour à faire du feu… En attendant, elle a répondu à quelques questions à propos de son aventure sur Koh-Lanta, en exclusivité pour la Gazette Nomade et notre blog.

Propos recueillis le mardi 30 mars 2021 par Fabrice Del Taglia, DG de Nomade et fan de Koh-Lanta.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 25 ans, je viens de Saint-Etienne, j’ai une formation de photographe, et aujourd’hui j’ai deux métiers : chroniqueuse sportive pour une chaîne de télé locale, et instructrice de survie. C’est le hasard des choses, j’ai une vie qui est faite de challenges. Le fait de devenir instructrice de survie était un challenge, arriver dans la télé aussi, lié au premier confinement : j’avais fait un marathon dans ma chambre, ils m’ont interviewée, puis proposé de rejoindre l’équipe de chroniqueurs ; le ralentissement de mes activités par ailleurs, à cause du confinement, m’a incité à me prêter au jeu, et j’y suis toujours aujourd’hui parce que ça me plaît !

Quelles étaient tes motivations à vouloir faire Koh-Lanta ?

Koh-Lanta est une émission que je regarde depuis que je suis toute petite. J’ai grandi chez mes grands-parents, qui étaient très nature : un grand-père qui m’a initié à quelques techniques de « bushcraft »/survie – la pêche, chercher des traces d’animaux, savoir ce qui se mange… – et une grand-mère qui était très fan de Koh-Lanta. J’ai donc été mise dans le bain toute petite, je faisais même des épreuves de Koh-Lanta dans le jardin de mes grands-parents, je m’amusais à faire le paresseux sous les arbres, à faire le poteau, debout sur une barrière pendant des heures – ce qui était très pratique pour mes grands-parents : pas la peine de me surveiller, je ne bougeais pas ! A côté de ça, je fais beaucoup de sport, j’aime voyager… Bref c’était une émission qui permettait de rassembler tout ce que j’aimais : l’expédition, le dépassement de soi, la découverte. 

Certains ont pu trouver que c’était « un peu abusé » (comme a écrit SoFoot) qu’une candidate à un jeu de survie soit instructrice de survie. Dans quel(s) domaine(s) ça pouvait vraiment être un avantage sur Koh-Lanta ?

Là où cela pouvait être un avantage, c’est que ça me permettait d’avoir une gestion du « stress survie » plus facile. J’ai l’habitude de me mettre dans des situations compliquées, donc je n’appréhendais pas du tout l’aspect survie. Ça m’a permis aussi d’apporter du confort aux personnes avec qui je partageais l’aventure. Même si ce n’était pas un milieu dans lequel j’ai l’habitude d’évoluer, mais les techniques et les réflexes à avoir sont les mêmes partout. J’avais donc plutôt confiance dans mes capacités d’adaptation sur le terrain.

Faire du feu © Candice Rousset

On imagine que la survie, c’est très large et que ça ne fait pas appel aux mêmes techniques en fonction des milieux naturels : les plantes comestibles ne sont pas les mêmes, on ne trouve pas forcément partout les mêmes ingrédients pour faire le feu, etc. Avais-tu déjà fait de la survie dans un milieu comparable à celui de cette saison de Koh-Lanta ? Et sinon, comment t’y es-tu préparée ?

Je n’avais jamais fait de stage de survie dans un environnement comparable, en revanche j’étais allée aux Philippines, avec des biotopes qui ressemblaient. Mon biotope de prédilection, c’est plutôt le Jura ou la Savoie, donc ça n’a aucun rapport et j’ai expérimenté de nouveaux matériaux que je ne connaissais pas forcément. Mais globalement, l’approche à avoir reste la même : on va avoir besoin d’un abri, du feu, d’eau, de nourriture. Et la survie, c’est la capacité d’adaptation. J’étais néanmoins partie plus d’un mois aux Philippines, pour mon voyage de noces, en tout début d’année 2020, et j’y avais appris pas mal de petites techniques. Enfin, avant de partir, je me suis beaucoup documentée sur la faune et la flore que je pouvais retrouver – sans être certaine de partir en Polynésie, mais le fait que ça se passe en France nous donnait une indication… En revanche, les îlots sur lesquels nous étions étaient quand même très pauvres, donc pas grand-chose de ce que j’avais appris ne m’a servi à quelque chose. 

Aux Philippines – © Candice Rousset

La survie, cela recouvre aussi des situations très différentes, voire opposées, par exemple entre celle des soldats d’élites en opération qui doivent d’abord être extrêmement discrets pour ne pas attirer l’attention des ennemis, et à l’opposé celle des naufragés qui doivent au contraire tout faire pour être repérés. Une autre différence qu’on peut supposer, c’est la solidarité et l’entraide, indispensable et même vitale en temps normal, que tu valorises lors des stages que tu encadres, et la forme de compétition qu’est, malgré tout, Koh-Lanta. Comment t’es-tu adaptée à cette différence ?

La survie habituellement c’est l’entraide, c’est « l’union fait la force ». Dans Koh-Lanta, c’est le cas au début, mais il ne faut pas oublier qu’« à la fin il n’en restera qu’un », donc c’est un peu paradoxal. Je n’ai pas eu le déclic tout de suite de me dire « OK, y a l’entraide mais il faut aussi la jouer solo pour tenir le plus longtemps possible », je suis restée sur l’idée qu’il faut faire participer tout le monde, se serrer les coudes, je n’étais pas encore rentrée dans la stratégie… 

Koh-Lanta en Polynésie, émission 1 naufrage et constitution de l’équipe © Alain Issock/ALP/TF1/Starface

Donc finalement, est-ce que le fait que tu sois instructrice de survie, où au contraire on apprend, tu apprends, aux stagiaires à miser sur l’entraide, la solidarité, le partage, ce n’était pas, en fait, un handicap, alors que le téléspectateur croit que tu es favorisée parce que tu sais faire le feu, sans voir que tu es arrivée avec une conception de la survie par l’entraide qui ne te prépare pas vraiment à la guerre de Koh-Lanta ?

Être instructrice de survie, je savais que ça pouvait être un avantage comme un inconvénient. Si j’étais tombée dans une équipe comme les jaunes, où on voit qu’ils galèrent vraiment, j’aurais pu être un élément vraiment indispensable. Mais – heureusement ou pas -, dans mon équipe, on avait quand même tous de bonnes bases en survie, donc j’étais moins indispensable à leurs yeux, tout en leur facilitant peut-être un peu trop l’aventure. En plus, en effet, le fait de concevoir la survie comme une question d’entraide, de penser qu’il faut se serrer les coudes, a un peu biaisé ma vision du jeu au niveau de la stratégie, que j’avais un peu oubliée. Sauf que Koh-Lanta ce n’est pas que de la survie, c’est un jeu, une compétition…

Tu as rencontré le maître en la matière, Teheiura, le maître en survie qui oublie systématiquement la stratégie…

Oui, mais si seulement j’avais eu le charisme de Teheiura, les tatouages et l’accent polynésien… En plus quand c’est une petite nana qui arrive et qui fait les choses, le premier jugement des hommes est un peu plus compliqué, il faut arriver à changer les mentalités. 

1/ Île de Raiatea – Polynésie française © Ekaterina Grivet/stock.adobe.com
2/ Snorkeling dans l’atoll de Fakarava – Archipel des Tuamotu – Polynésie française © Philippe Bacchet/Tahiti Tourisme
3/ Tahiti – Archipel de la Societé – Polynésie française © Eric Souchaire

Quel est le meilleur souvenir que tu garderas de Koh-Lanta ? Et quel a été pour toi l’enseignement le plus précieux que tu y as reçu ?

En termes de souvenir, déjà les paysages, car la Polynésie c’est vraiment magnifique. Et d’avoir pu voyager dans ce contexte compliqué a été une chance énorme… Après, j’ai fait des rencontres humaines, que ce soit dans mon équipe ou celle avec Teheiura et son papa, qui restera gravée à jamais. Je n’ai jamais vu un regard tel que la manière dont le père de Teheiura regardait son fils, un des moments les plus émouvants que j’aie vécu de ma vie. L’admiration, la fierté et l’amour dans le regard de ce père, c’était vraiment hyper touchant. Rien que d’en parler, ça me remet des frissons partout… Evidemment impressionnée par le fait de rencontrer Teheiura, mais surtout par sa simplicité. Dans Koh-Lanta aujourd’hui c’est quelqu’un que tout le monde admire, voire idolâtre, mais il n’est pas du tout prétentieux, il est très simple, il a une forme de timidité qui le rend encore plus attachant et touchant. Donc la rencontre avec lui c’était très très fort. Quant à l’enseignement, j’ai surtout appris à prendre beaucoup de recul sur les choses, il ne faut pas oublier que c’est un jeu, une aventure collective mais aussi individuelle, ça m’a beaucoup apporté sur la communication avec les autres, les interactions entre êtres humains, la pédagogie aussi… 

Pour partir à l’aventure en Polynésie française comme Candice, randonner sur les îles dans une nature exubérante, et plonger dans des lagons turquoise… cliquez ici

Image de une : © Alain Issock/ALP/TF1

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