Dans Coups de cœur, Inspirations

« La marche est le meilleur remède pour l’Homme » disait Hippocrate. Si cette citation vous parle, si vous avez une certaine expérience de la marche, le goût de l’aventure, du dépassement de soi, et l’envie de s’immerger dans une nature sauvage, voici un top 10 des plus beaux circuits dans le monde où faire un trek. Et il y en a pour tous les goûts : de l’Afrique à l’Asie, de l’Amérique du Sud à l’Europe en passant par notre douce France, des treks incontournables à ceux hors des sentiers battus, en mode dynamique ou sportif, de quelques jours à plusieurs semaines… En compagnie d’un guide (et parfois d’une équipe de porteurs), ces itinéraires de randonnée, sur sentiers balisés ou pas, nous emmènent gravir les (hautes) montagnes et volcans, arpenter les forêts et rizières, sillonner les déserts. Sans oublier en chemin les nuits à la belle étoile, sous tente, en refuge, chez l’habitant. À la clé, une belle aventure sensorielle et humaine à vivre, et des paysages spectaculaires à découvrir. Le pied !

Le GR20 en Corse

Partie nord du sentier de grande randonnée 20 en Corse © Julie Foucher

Voici l’un des treks les plus célèbres au monde : le GR20 ! Ce sentier de Grande Randonnée, l’un des plus techniques, traverse la montagne corse en diagonale sur près de 180 km. Mais aucune obligation de le faire d’une seule traite. Au nord, de Tattone à Bonifatu, le parcours se veut aérien et un poil plus compliqué… mais tout aussi grandiose. On évolue de hêtraie en vert pâturage où les bergers transhument avec leurs troupeaux. Puis, on s’attaque aux cols et aux arrêtes. On grimpe (parfois encordés) sur les crêtes et les barres rocheuses qui dominent les lacs glaciaires de Melu, Capitellu ou encore Ninu avant de s’enfoncer dans les brèches sinueuses. Soudain, on aperçoit au loin pointer le bout d’un toit d’un refuge, la fumée s’échappant de la cheminée. Après avoir savouré charcuterie et fromage corses, palabré au coin du feu et dormi tout son soûl, on se sent revigorer. Et c’est reparti pour un tour ! Alors pourquoi ne pas tenter maintenant l’ascension du Monte Cintu, point culminant de l’île (2 710 m). Au sud, de Bavella à Vizzavona, les reliefs se font plus doux. On emprunte la variante alpine qui mène aux aiguilles de Bavella : de splendides pinacles taillés dans le granit rouge et torturés par les vents, couronnant une vaste forêt de pin laricio. On parcourt aussi (pieds nus pour plus de sensations) les Pozzi du Monte Renoso avec leurs pelouses parsemées de trous d’eau, vestiges de l’ère glaciaire. Au fil de la marche, lorsque le soleil est à son zénith, on se laisse enivrer par les parfums envoûtants du maquis, touffu et épineux : bruyère, ciste, myrte, thym, romarin, clématite, chèvrefeuille et chêne vert… Et toujours en toile de fond : les villages perchés qui nous rappellent à la civilisation et la mer Tyrrhénienne au bleu profond. Un trek mythique au cœur de l’île de Beauté !

La saison idéale pour y aller ? De juin à septembre. Pendant cette période estivale, le climat est sec et ensoleillé et l’on peut voir les troupeaux (moutons, brebis, chèvres, vaches, ânes) paître dans les pâturages. Cependant, mieux vaut privilégier les mois de juin et septembre pour éviter l’afflux de randonneurs sur certains spots comme par exemple les aiguilles de Bavella. Dans tous les cas, il faut se protéger du soleil qui tape fort en journée, bien s’hydrater et prévoir des vêtements chauds pour les nuits en bivouac qui peuvent être fraîches.

Le trek du Laugavegur en Islande

Massif du Landmannalaugar en Islande © Franck Halter

Le Laugavegur est une des régions les plus emblématiques d’Islande où faire un trek. Située dans le sud de l’île, cette piste longue distance, empruntée en été par les adeptes de l’Ultra marathon, s’étend de la zone géothermique de Landmannalaugar à la réserve naturelle de Thorsmörk, au pied du volcan actif Eyjafjallajökull. Entre l’Hekla et l’océan, elle offre aux marcheurs une véritable palette de couleurs et de lumières : montagnes de rhyolithe ocre et or, obsidiennes noires à Hrafntinnusker, toundra émeraude ou encore le lac d’Álftavatn au bleu profond (surnommé le « lac des Cygnes ») dans lequel se reflètent les nuages cotonneux. Pas à pas, on se sent tantôt happé par ces vallons enchevêtrés et brumeux, tantôt en osmose avec ces étendues brutes et sauvages. On scrute une coulée de lave recouverte de lichen. Au cœur de l’étonnante caldeira du Torfajökull, on est subjugué par le glacier, ses névés et ses entrailles rongées par le feu. En bas d’une crête, on assiste à un spectacle dantesque : la terre crache des fumerolles, des solfatares et des marmites d’eau bouillonnante. C’est l’occasion rêvée pour détendre nos muscles échauffés dans une source chaude avant de se remettre en marche. Derrière un col qu’il faut négocier avec prudence, on foule un désert de cendre… Au bout du chemin, la vallée de Þórsmörk (signifiant littéralement la « forêt de Thor »). Comme par magie, le décor change brusquement et dévoile une flore plus abondante : des bouleaux arctiques irrigués par le fleuve glaciaire Markarfljót. Cette nature magnétique aux forces indomptables n’a de cesse de nous surprendre. Accompagnés d’un guide ou en liberté (avec le choix de dormir en refuge ou sous la tente), Le mythique trek du Laugavegur, c’est la promesse d’une expérience inoubliable !

La saison idéale pour y aller ? En juillet et août. Les nuits sont très courtes, la lumière du jour est prolongée (phénomène des nuits polaires) et les températures plus douces (en moyenne 12°C). En dehors de cette période, les pistes et les routes qui mènent à l’intérieur du pays, dont celle qui conduit à Laugavegur, sont fermées pour cause de mauvaises conditions climatiques (neige, pluies, brouillard…).

L’ascension aux Grand Bénare et piton des Neiges à La Réunion

Vue sur le cirque de Mafate du Grand Bénare à La Réunion © Laurent Caputo/fotolia.com

Rien de plus fantastique pour un randonneur que l’assaut d’une montagne. Et quelles montagnes sur l’île de La Réunion ! Ce département d’outre-mer français peut se vanter d’abriter, entre autres, deux des sommets les plus hauts de l’océan Indien : le Grand Bénare (2 898 m) et le piton des Neiges (3 070 m). Lors d’une Grande traversée de l’île intense, la randonnée vers ces colosses est donc incontournable. Pour se mettre en jambes, l’ascension du Grand Bénare est la plus facile avec : 800 m de dénivelé positif comme négatif, quelques cailloux, faux-plats, et surtout des vues spectaculaires sur l’intérieur de l’île. Après la forêt des Tamarins, un arrêt aux puits de la Glacière (c’est là où les esclaves fabriquaient la glace au XIX ͤ siècle), on chemine sur la ligne de crête vertigineuse parmi les nombreux genêts. Peu à peu, le champ s’ouvre à 360° et laisse entrevoir la récompense : les cirques de Mafate et Cilaos, une partie de Salazie, le Gros Morne et à l’horizon, si le ciel est dégagé, le volcan de la Fournaise. Pour le piton des Neiges, cela requiert un peu plus d’endurance et le goût de l’effort. De Salazie, on gravit la paroi du cap Anglais en passant par les cryptomerias et la forêt primaire de Bélouve où fougères et bois de couleur prolifèrent. S’ensuivent les hauts plateaux éricoïdes où émerge le célèbre gîte de la caverne Dufour. Un bon carri avalé, une courte nuit plus tard (réveil à 4h du matin, ça pique un peu), frontale sur la tête, on s’élève (au sens propre comme au figuré) sous les premiers rayons irradiants vers la cime de la merveille. De là, on a envie de sauter et crier : « Je suis la reine / le roi du monde ! » tellement c’est beau. Alors, Réunion aux sommets ?

La saison idéale pour y aller ? De mai à novembre pendant l’hiver austral (soit la saison sèche). En particulier, les intersaisons mai-juin et octobre-novembre offrent un bon équilibre entre températures agréables (20 à 25°C), ensoleillement et peu de précipitations. En mai-juin, dans les cirques, les paysages y sont plus verdoyants et les sentiers de randonnée plus praticables. En octobre-novembre, pendant la floraison printanière, les plaines se couvrent de fleurs et de fruits tropicaux. Les températures sont en revanche nettement moins douces en montagne et peuvent chuter à 5°C en juillet, la nuit. Il est donc impératif de prévoir une polaire, des gants et un bonnet pour l’ascension des pitons rocheux.

La grande traversée de Santo Antão au Cap-Vert

Trek à Santo Antão au Cap-Vert © Fanny Hardy/Nomade Aventure

Où faire un trek au Cap-Vert ? Santo Antão est un véritable petit paradis, plein d’authenticité, d’exotisme, et de décors à couper le souffle. Localisée au nord de l’archipel, c’est la plus grande des îles du Barlavento. L’arpenter à pied, d’est en ouest, est la meilleure façon d’en découvrir tous ses recoins et son ambiance si singulière. Sur les chemins pavés, La grande traversée de Santo Antão nous emmène marcher entre terre, ciel et mer : des vallées encaissées aux falaises plongeant dans l’océan, des cultures en terrasses et champs de canne à sucre aux hameaux oubliés. Tous nos sens sont en éveil comme dans la luxuriante vallée de Paul. Outre ses pics acérés, ses 77 lacets à descendre pour y accéder, cet écrin de verdure regorge de caféiers, manguiers, orangers, bananiers et exalte des parfums de grogue (le rhum local) incroyables, un délice après la randonnée. Sur la côte ouest aussi, le cadre est idyllique : on se baigne entre plages de sable noir et villages de pêcheurs du bout du monde. Le réconfort après l’effort… car l’on gravit avant le volcan Tope de Coroa, le plus haut sommet de l’île (1 979 m). Il dresse son cône quasi parfait au-dessus d’un désert de lave et de cratères. Une vue lunaire et de belles émotions partagées en perspective… Qui plus est en marchant on se rapproche tout en douceur des Capverdiens. À Santo Antão, les rencontres inopinées et les échanges sont nombreux, la joie de vivre et la musique omniprésentes. Lors des bivouacs sur les toits-terrasses des maisons ou dans une école, de pique-niques et repas chez l’habitant, dans les villages perchés de Fontainhas, Chã d’Igreja et Chã de Pedra, ce trek est une vraie immersion dans un monde bien différent du nôtre.

La saison idéale pour y aller ? De fin septembre à fin mai, les températures sont optimales (entre 25 et 30°C la journée, un peu plus fraîches la nuit) et il n’y a presque aucun risque de pluies. Vers fin septembre, les paysages sont plus verdoyants, en particulier à l’est de l’île dans la vallée de Paul. En revanche, à la fin de cette période (fin mai), les températures extérieures et la mer sont plus chaudes, et les panoramas sont plus secs.

Le trek sur la cordillère Blanche au Pérou

Trek sur la cordillère Blanche au Pérou © Michel Hans

Plus que de l’or et des légendes, le Pérou cache au creux de son territoire un formidable trésor : d’immenses montagnes immaculées hautes à en crever le ciel. Bastion du trekking, la mythique cordillère Blanche a peu de rivales dans le monde. À parcourir en 6 jours dans ce Duo de cordillères, l’itinéraire s’étend de la vallée de Llanganuco à celle de Santa Cruz, en passant par l’irrésistible laguna 69 aux eaux turquoise. Et on peut dire que ce trek coupe le souffle dans tous les sens du terme. À plus de 4 000 m d’altitude, les corps sont éprouvés et il faut bien prendre le temps de s’acclimater entre chaque montée. On peut également compter sur l’accompagnement du guide et l’entraide du groupe pour se remotiver ainsi que des muletiers pour le portage des sacs et des vivres et l’installation aux campements. De quoi tisser des liens particuliers et renforcer sa confiance en soi. Une fois les premiers jours passés, grisés par l’air des montagnes, quel bonheur que d’évoluer parmi ces géants des neiges : le Pisco à 5 752 m, le Chacraraju qui longe les nuages à 6 112 m, l’immense Huascarán, point culminant du Pérou avec ses 6 768 m, ou encore le mont Artesonraju (la montagne de « Paramount Pictures ») bordé par les Quitaraju, Taulliraju, Alpamayo, Pucajirca, Rinrijirca, Caraz…On en prend plein les mirettes ! À mesure que les cols se font vallées, que les lacs glaciaires se transforment en cascades, la végétation environnante réapparaît comme par miracle : des queñual, arbres endémiques et des fleurs typiques de la région comme les zapatitos del diablo (les chaussures du diable), el machito (le macho), les patas de gallo (les pattes du coq), la rima rima qui selon les coutumes locales aide à rouler les « r « . Un trek qui élève l’esprit autant que le corps.

La saison idéale pour y aller ? Entre juin et septembre. Cette période est idéale car le climat est plutôt doux et sec même si en montagne, les températures restent fraîches, surtout la nuit (entre 2° et – 5°C). En dehors de cette période, c’est l’hiver, les cols sont enneigés et donc fermés aux trekkeurs.

Le trek W en Patagonie

Trek dans le parc Torres Del Paine en Patagonie © Aleksei Potov/stock.adobe.com

Parmi les plus beaux endroits où faire un trek, la Patagonie arrive en haut du palmarès. Cette terre du bout du monde située aux confins du Chili et de l’Argentine regorge de paysages sauvages époustouflants. Pour en apercevoir ne serait-ce qu’un échantillon, il faut s’engager Sur les traces du trek W. Ce sentier de randonnée traverse sur près de 75 km (soit 4 jours de marche intense) le parc national Torres del Paine, classé réserve de biosphère par l’Unesco depuis 1978. Tout n’est qu’un savoureux mélange de pampas où gambadent les guanacos (les cousins des lamas), de lacs d’un bleu laiteux (Nordenskjöld et Pehoe), de forêts de lengas, de glaciers protubérants (tel celui de Grey), d’icebergs à la dérive, de cascades et de pics acérés barrant l’horizon (les Torre). Du Fitz Roy à Torres del Paine, de campement en refuge, on sillonne la somptueuse vallée del Francés, avec face à nous le lac Skottsberg, les montagnes de Los Cuernos et la crête du Paine Grande qui se détache à 3 000 m d’altitude. On se sent d’un seul coup bien petit face à ces géants de pierre et de moraine, dont les avalanches fracassantes affûtent nos sens. En compagnie d’un guide, on peut aussi tester la marche sur glace avec crampons tout en apprenant davantage sur la géologie et la biologie de ce biotope unique. Et on ne peut s’empêcher de penser aux grands explorateurs qui ont, avant nous, foulé ces espaces démesurés. On en oublie vite les longues heures d’effort, le vent qui siffle dans nos oreilles et le terrain parfois accidenté, tant les panoramas alentour sont fabuleux.

La saison idéale pour y aller ? D’octobre à mars. Cette période de l’année correspond à l’été austral : les conditions dans l’hémisphère sud sont optimales avec des températures plus chaudes (pouvant atteindre une vingtaine de degrés) et de longues heures d’ensoleillement. En dehors de cette période, les fortes rafales de vent, la neige et le brouillard empêchent le passage des cols. Mais même en belle saison, il faut prévoir des vêtements chauds (coupe-vent, polaire, bonnet, gants…) car la météo change vite et il peut faire un peu froid la nuit.

La traversée des Knuckles Range au Sri Lanka

Trek dans les Knuckles Range au Sri Lanka © Danielle Ghostine

S’il y a bien un seul lieu à retenir où faire un trek au Sri Lanka, ce serait les monts Knuckles. En plein cœur du pays, au-dessus de Kandy, ce massif au climat humide (désormais classé par l’Unesco), est jalonné de sentiers de randonnée, et parsemé d’une douzaine de sommets qui avoisinent les 1 200 m d’altitude. Ici, comme ailleurs, s’éparpillent des plantations de thé, des rizières en terrasses à n’en plus finir et des villages tamouls aux maisons colorées. À une différence près : cette région, peu connue des touristes, est un havre de paix. On a ainsi le sentiment d’être un peu seuls au monde en la traversant à pied. Mais ses sentes n’étant pas toujours bien tracées, il est préférable d’être accompagné d’un guide local. Dans l’itinéraire Randonnées cinghalaises, celui-ci nous emmène parcourir en 2 jours les recoins les plus pittoresques de la zone. On chemine tranquillement à travers les vallées cultivées, les hameaux isolés, la jungle tropicale de pins et d’eucalyptus où s’accrochent les nuages… jusqu’en haut du rocher de Maningala et son belvédère à la vue imprenable. Au fil de la marche, on se laisse surprendre par les bruits et gazouillis d’une faune variée : 200 espèces d’oiseaux aux robes chatoyantes, d’écureuils géants, de lézards à corne et peut-être, avec un peu de chance, un léopard. Sans compter une flore dense composée de nombreux arbres exotiques, plantes vertes, orchidées sauvages et palmiers dont notre regard se délecte. Temps forts de ce périple : des baignades rafraîchissantes dans les cascades et rivières et des nuits chaleureuses dans une maison d’hôtes nichée en pleine nature. Un trek ex-Ceylan !

La saison idéale pour y aller ? Le mois d’avril. C’est à cette période-là qu’il pleut le moins bien que les Knuckles Range, surnommés le « château d’eau du Sri Lanka », reste une région assez humide (k-way ou cape de pluie indispensables).            

Le trek au cœur du massif de Hoàng Su Phì au Vietnam

Rizières en terrasses dans le district de Hoàng Su Phì – Nord du Vietnam © Maxime Canat

Au nord du Vietnam, dans le Haut Tonkin, non loin de la frontière chinoise, il est un endroit où le temps semble s’être arrêté. La région de Hà Giang et le district de Hoàng Su Phì cachent des paysages remarquables et constitue une véritable mosaïque humaine grandeur nature. L’endroit rêvé où faire un trek ! C’est ici que vivent, en quasi parfaite harmonie, dans cet amphithéâtre de rizières centenaires, les ethnies Tay, Dao rouges, Dao Ao Dai et Hmong. Pour aller à leur rencontre, on ne peut faire autrement que de s’y rendre à pied (à vélo ou en moto). Ainsi, dans le voyage De la baie d’Halong au massif de Hoàng Su Phì, l’incursion pédestre dure 4 jours et nous plonge dans un autre monde, empli de poésie. Accompagnés d’un guide qui connaît le coin comme sa poche, on escalade les petites collines (entre 700 et 1 140 m de dénivelé positif), on dévale les pentes et gradins verdoyants (parfois un peu glissants et boueux), on traverse les forêts de bambous et les villages. On joue aussi aux équilibristes sur les bords des terrasses rizicoles au vert fluo. Le plus difficile étant de supporter cette chaleur moite qui colle au t-shirt et à la peau. Pendant la journée, les enfants sont à l’école, un certain calme envahie la campagne. On entendrait presque les mouches voler… si ce n’est les paysans en plein labeur et les beuglements des buffles qui labourent les champs. Le soir, on est accueillis dans une maison sur pilotis où l’on partage, en toute simplicité, le quotidien d’une de ses minorités : un bain revigorant aux plantes médicinales, un bon repas agrémenté de quelques verres d’alcool de riz. Quelle hospitalité incroyable ! On discute à la lueur des bougies, on rie, on est heureux et on se forge des souvenirs impérissables…

La saison idéale pour y aller ? En octobre et novembre ou en avril et mai. Dans le Haut Tonkin, on est alors entre deux périodes de mousson.  Aussi, le climat est plus sec et les températures très agréables (entre 20° et 28°C en journée). Vers la mi-avril, selon l’endroit, les paysans commencent les semis et le repiquage dans les rizières, ce qui donne aux paysages une couleur plus verte. De novembre à février, le climat est un peu plus frais, il se peut que le ciel soit plus gris et la bruine plus abondante dans les montagnes. Il faut éviter le mois de juin qui affiche les températures et un taux d’humidité les plus élevés. Marcher dans ces conditions devient vite asphyxiant.

Le grand tour des Annapurna au Népal

Trek des Annapurna et village de Manang au Népal © Pavel Svoboda/fotolia.com

Qui n’a jamais rêvé de découvrir un jour la « Mecque » du trekking ? Le Népal et les célestes montagnes de l’Himalaya ! C’est ici que la pratique du trek a été officialisée dans les années 50. Le must des sentiers, pour tout bon marcheur (aguerri) qui se respecte, est le Grand tour des Annapurnas et du lac Tilicho. On débute l’aventure sur un sentier qui s’élève tout doucement en escalier à travers les rizières en terrasses, champs de maïs, bananeraies et forêts de bambous. Au fil de l’ascension, on enjambe les villages aux maisons traditionnelles, encerclés par des murs de mani et des drapeaux de prière. C’est là où habitent les ethnies gurungs, thakalis et tibétaines. Quel étonnement de voir que ces populations se sont facilement adaptées à des conditions de vie extrêmes. Passé les 3 000 m, le souffle un peu plus court, on commence à être rodé, il ne faut pas flancher. Côté sécurité, rien n’est laissé au hasard. Pour une bonne acclimatation à l’altitude, le guide sherpa nous fait respecter des paliers. La règle de base : « Monter haut et dormir bas ». Il est aussi formé aux gestes de premiers secours par des médecins français, et un caisson hyperbare est à disposition tout au long du trek. Entre les villages de Chamé, Mananghi et Pissang, la vue s’élargit et laisse apparaître un décor de haute montagne des plus féériques : la face nord des Annapurna, le Pisang Peak (6 092 m) et le Chulu East (6 558 m). Arrivés au camp de base du Pisang Peak, la barre des 4 300 m est atteinte (point culminant de ce circuit). En direction de Manang, après quelques yaks croisés, on touche presque le Graal ! Face à nous les spectaculaires cimes enneigées des  Annapurna II (8 091 m), III (7 555 m) et IV (7 525 m). La joie est à son comble. De là, on ne s’arrête plus, la machine est lancée : le somptueux Tilicho, le lac le plus haut au monde (4 919 m) et le col du Thorong La (5 416 m) nous tendent les bras. On décolle !

La saison idéale pour y aller ? En octobre et novembre ou de février à avril. À l’automne, après la saison des pluies, avis aux photographes : la lumière est la meilleure, le ciel est dégagé, les paysages verdoyants. Et on a une belle vue sur les sommets himalayens. Début octobre, c’est aussi la fête nationale de Dashain : où l’on peut voir une myriade de cerfs-volants multicolores recouvrir le ciel. Au printemps, on peut rencontrer quelques nuages l’après-midi mais c’est la bonne période pour observer les rhododendrons sauvages en pleine floraison et la nature qui explose de fleurs de toutes sortes.

 La traversée de la vallée du Drâa au Maroc

Trek dans l’erg Bouguerme au cœur de la vallée du Drâa au Maroc © Mustafa Hiane/Nomade Aventure

Parmi les lieux les plus mystiques au monde où faire un trek, arrive en tête la vallée du Drâa. À 160 km de Ouarzazate, ce mystérieux royaume offre aux marcheurs des paysages aussi magiques que contrastés. Tout d’abord, on longe un ruban vert de palmeraies, d’oasis et de gueltas que forme l’oued Drâa, jadis le plus grand fleuve du Sahara : 5 000 km de l’Atlas à l’Atlantique ! Notre regard est tout de suite fasciné par la ribambelle de ksours et de kasbahs en pisé, prémisses à bien d’autres merveilles…Puis, on s’engage sur la piste qui mène, le long du lit asséché de l’oued M’Hasser, au djebel Bani : un immense plateau caillouteux parsemé de tamaris, d’acacias et de roses de Jéricho. Sur cet erg où le minéral est roi et où la végétation se raréfie, on se croirait sur la Lune. Mais déjà un mince filet de sable enfle et se gonfle jusqu’à constituer de hautes dunes dorées, certaines pouvant atteindre 300 m d’altitude. Ca y’est, nous sommes dans le désert. L’or du Grand Sud est à nous ! Le chèche bien ajusté sur notre tête (qui l’aurait cru), nos pieds s’enfoncent dans le sable. On est de vrais nomades. On boit le thé chaud comme les Touaregs, croisant ici et là une caravane de chameaux. Le soir venu, on cesse notre pérégrination pour assister au coucher du soleil. Extra-ordinaire, cela va de soi. Et on finit la tête dans les étoiles près du feu qui crépite… Le rêve !

La saison idéale pour y aller ?  D’octobre à avril. En hiver, même si les températures sont plus fraîches (surtout la nuit 5°C, en journée 20°C), les levers de soleil sont magiques. Au petit matin, les premiers rayons pointent leur nez et réchauffent le camp. On peut alors observer de drôles petites créatures : gerbilles et gerboises debout sur leurs pattes arrière en train de profiter de cette chaleur bienfaisante. Début mars, c’est le printemps, il fait un peu plus chaud et de petites fleurs envahissent le désert.

« Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore. » Une citation de Jean Giono.

Photos de Une (de gauche à droite, de haut en bas) : Annapurna au Népal © Dan Mirica/fotolia.com, Cordillère Blanche au Pérou © D.A. A. I., GR20 en Corse © A. CI., Piton des Neiges à La Réunion © Franck Halter, Tribu Dao au Vietnam © N. V., Laugavegur en Islande © Franck Halter, Santo Antão au Cap-Vert © Fanny Hardy / Nomade Aventure, Knuckles Range au Sri Lanka © Julie Foucher, Torres del Paine en Patagonie © Aleksei Potov/stock.adobe.com, Vallée du Drâa au Maroc © Mustafa Hiane/Nomade Aventure.

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