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Un archipel aux mille visages et couleurs, où le printemps est, dit-on, éternel… Bienvenue aux Canaries ! Au large des côtes marocaines, ce chapelet d’îles espagnoles baignant dans l’océan Atlantique présente des paysages spectaculaires. Volcan et caldeira grandioses à Tenerife, forêts primaires et profonds canyons à La Gomera, pins canariens sur fond ocre à La Palma, dunes et oasis luxuriantes à Grande Canarie, vignes et œuvres d’art à même la lave à Lanzarote ou encore plages de rêve à La Graciosa… pas évident de savoir quelle île des Canaries choisir parmi toutes ces merveilles. Une chose est sûre, il y en a pour tous les goûts et toutes les envies qu’on soit mordu de trek et de randonnée, friand de traditions et de culture, ou adepte de farniente et de calme. Ici l’aventure se conjugue au pluriel, et le rêve côtoie la réalité… Suivez le guide !

Tenerife, la vertigineuse

Surnom : l’île du printemps éternel
Signe particulier :
la plus grande île des Canaries comparable à l’île Maurice
Points d’intérêt : le pic du Teide, le plus haut sommet d’Espagne, de charmantes villes coloniales aux fortes traditions, des bananeraies en veux-tu en voilà…

Lever de soleil sur le pic du Teide à Tenerife © cegli/stock.adobe.com 

Pour répondre à la question « quelle île des Canaries choisir ? » on va commencer par dresser le portrait de Tenerife (orthographié aussi Ténérife ou Ténériffe). Dominée par le pic du Teide qui toise l’océan Atlantique du haut de ses 3 718 m, elle est un peu la star des Canaries. Bénéficiant d’un climat doux toute l’année, cette île offre aux randonneurs débutants comme aux plus expérimentés une incroyable diversité de sites naturels. À commencer par le parc national du Teide et son décor lunaire classé au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est l’une des plus grandes caldeiras de la planète avec ses champs de lave et de scories (le « malpais »), sa centaine de cônes, de coulées et de grottes et surtout…son stratovolcan Teide-Pico-Viejo, le troisième plus haut au monde ! Lors de la randonnée Tenerife, de la mer à la lune, on part à l’assaut de cette montagne sacrée (surnommée la porte de l’enfer par les Guanches) aux premières lueurs de l’aube après une nuit en refuge. À l’ouest, on découvre aussi le massif du Teno qui dévoile entre bruyères arborescentes et barrancos profonds (ravins) des vues plongeantes sur la mer et le village pittoresque de Masca. Mieux vaut ne pas avoir le vertige… Pour découvrir les sommets de Tenerife, de l’Anaga au Teide, un trek s’impose, plutôt sportif. On s’aventure dans le plus méconnu parc rural d’Anaga à l’extrême nord-est de l’île. Incroyable végétation de laurysilve, anciennes cheminées volcaniques, falaises et jolies criques de sable noir où nichent de nombreuses espèces d’oiseaux endémiques mais aussi une vingtaine d’hameaux en terrasse et des chemins empierrés concourent à la beauté de cette région. Et pour les afficionados de traditions et de gastronomie, direction les villes animées de Garachico, Icod de los Vinos, La Orotava ou La Laguna. Leurs édifices coloniaux nous emmènent en quelques minutes à La Havane à Cuba et à Cartagena de las Indias en Colombie. Un voyage dans le voyage !

De gauche à droite : 1) Los Roques de Garcia et vue sur le Teide à Tenerife © cegli/stock.adobe.com 2) Falaises de Los Gigantes, Punta de Teno à Tenerife © etfoto/stock.adobe.com
   

La Gomera, la perle verte

Surnom : La isla de la Felicidad, l’île du bonheur
Signe particulier :
l’île la plus escarpée de l’archipel
Points d’intérêt : des virages en épingle à cheveux, des jardins en escalier, d’envoûtantes forêts de laurisilva, des habitants qui sifflent pour se parler…

Valle Gran Rey et les cultures en terrasse à La Gomera © Christophe Cappelli/stock.adobe.com 

« C’est une île au paradis où les humains sifflent aussi… ». Les paroles de la chanson El Silbo de Féloche résument à elles-seules toute la magie et l’authenticité que dégage La Gomera. Sur cette grosse pépite formée par de multiples éruptions volcaniques, les reliefs sont si accidentés, les routes si tortueuses et les maisons isolées que les habitants n’ont rien trouvé de plus simple que de siffler pour se parler. Ce langage est même inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Très souvent proposée en duo avec Tenerife (qu’on rejoint en 1h de ferry), cette petite île déclarée réserve mondiale de la biosphère n’a pourtant rien à lui envier. On pourrait presque y passer toute une semaine tant elle recèle de merveilles et de choses à faire. Dans le parc national de Garajonay, par exemple, on marche la tête dans les nuages à 1 400 m d’altitude, entourés d’un biotope unique fait de bois touffus et de grands lauriers millénaires soit au total 400 espèces d’arbres et de plantes. Dans le canyon de Guarimiar, sur d’anciens sentiers muletiers, on se sent tout petits face aux hautes falaises et crêtes acérées qui découpent le paysage. Et pour encore plus de spectacle et de sensations, on monte aux miradors d’Abrante et d’Agando avec leurs vues à couper le souffle sur l’océan. Sans oublier, le parc rural de Valle Gran Rey et sa ribambelle de palmiers, de champs et de hameaux qui dégringolent en escalier ou encore le village perché d’Agulo, baptisé le « chocolat de La Gomera » tant il est plein de charmes. On en repart en sifflant bien évidemment… avec toujours la même question qui nous taraude : mais quelle île des Canaries choisir ?

De haut en bas, de gauche à droite : 1) Parc national de Garajonay à La Gomera © Christophe Cappelli/fotolia.com 2) Rocher d’Agando à La Gomera © Imants Ozolins/fotolia.com 3) Randonnée à La Gomera © ivoyages/fotolia.com   

La Palma, la sauvage

Surnom : La isla bonita, l’île de beauté
Signe particulier :
l’île la plus boisée des Canaries
Points d’intérêt : 1000 km de sentiers balisés, des forêts préhistoriques denses et des ravins abrupts, un ciel étoilé exceptionnel…

De haut en bas : 1) Chemin vers le volcan Teneguía à La Palma © Willy Groten/stock.adobe.com 2) Vue de l’observatoire du Roque de los Muchachos à La Palma © Freesurf/stock.adobe.com

Pour ceux qui se demandent quelle île des Canaries choisir pour randonner, La Palma est l’endroit idéal ! Apparue il y a seulement 1,7 million d’années à l’extrême nord-ouest de l’archipel, c’est l’une des îles des Canaries les plus jeunes avec El Hierro. Ce qui explique sans doute la présence de cette grappe de volcans qui s’égrène sur 17,5 km dans le parc de Cumbre Vieja au sud. Lors d’un trek à La Palma, côté nature, on ne peut que s’extasier face à la beauté de ses paysages martiens recouverts de millepertuis jaune canari et de pinède au vert émeraude. Plus au centre, on est subjugués par l’immense Caldera de Taburiente. Érigé en parc national sur 47 km², ce cirque est un véritable paradis pour les randonneurs. Il abrite de grandes forêts de pins canariens, des ruisseaux et des cascades aux milles couleurs, ainsi que des espèces animales endémiques comme la corneille et la buse. Et au-dessus de ces pics roses trône à 2 400 m au-dessus du niveau de la mer l’observatoire Roque de los Muchachos. Avec des conditions climatiques optimales et des télescopes ultraperformants, c’est un spot privilégié pour admirer les cieux et les astres, les plus clairs de tout l’hémisphère nord. De quoi repartir avec des étoiles plein les yeux !

Grande Canarie, l’orientale

Surnom : le petit continent
Signe particulier : l’île la plus centrale de l’archipel
Points d’intérêt : des montagnes et des canyons, 60 km de plage, des dunes de sable et des oasis verdoyantes, des sites archéologiques et grottes préhistoriques…

Dunes de Maspalomas à la Grande Canarie © O. T. & B. 

Ce n’est pas pour rien qu’elle s’appelle la Grande Canarie ! Avec ses paysages contrastés cette île, qui a vu débarquer Christophe Colomb en personne, a tout d’un petit continent. Au sud, on devient Bédouin du Sahara en foulant les dunes mouvantes de Maspalamas avec leur écosystème unique mêlant oasis, palmiers et plage de rêve. À l’ouest, on joue plutôt aux randonneurs-botanistes dans le parc naturel de Tamadaba. Déclaré réserve de la biosphère, il héberge au plus profond de ses barrancos une flore exceptionnelle entre pins canariens parfumés et pousses de tabaïbas et salvia ainsi que de sublimes plages au sable noir comme La Virgen. À ses portes, on peut piquer une tête aux Salinas d’Agaete, trois grandes piscines naturelles aménagées et connectées entre elles par des tubes volcaniques. En toile de fond, on aperçoit les impressionnantes falaises de la cola de dragón (la queue du dragon) et le rocher Faneque qui plonge à pic dans l’océan. L’itinéraire Couleurs et volcans des Canaries permet également de faire l’ascension des deux sommets incontournables de l’île : le pico de las Nieves (1 949 m) et le roque Nublo (1 813m), lieu de culte pour les Guanches pendant l’Antiquité. Au pied de ce dernier, se trouve le village de Tedeja qui respire la douceur de vivre avec ses jolies maisons blanches aux jardins débordant de fleurs. Alors quelle île des Canaries choisir ? Grande Canarie ! À l’abordage !

De haut en bas, de gauche à droite : 1) La vallée aux mille palmiers et son lac près de Fataga à Grande Canarie © O. T. & B. 2) Randonnée vers le Roque Nublo à Grande Canarie © O. T. & B. 3) Randonneur en haut du Roque Nublo à Grande Canarie © Anastasiia/stock.adobe.com   

Lanzarote, la multicolore

Surnom : la perle noire
Signe particulier : l’île la plus vieille des Canaries (20,2 millions d’années)
Points d’intérêt : une ribambelle de petits volcans noirs et ocre, une architecture locale préservée, des cactus et des vignes poussant à même la lave…

Randonnée sur le pico de la Giada à Lanzarote © Marion Jannin/Nomade Aventure

On comprend qu’à ce stade on se pose toujours la question « quelle île des Canaries choisir ? » tellement elles ont chacune leur caractère. Que de beautés en tout cas sur celle-ci située à l’est de l’archipel. Parmi ses consœurs, Lanzarote est peut-être celle qui concentre le plus de couleurs, d’ambiances étonnantes, et de sentiers de randonnée faciles d’accès. Dans le parc national de Timanfaya, on est tout d’abord bluffés par la succession de petits volcans et de cratères aux tons rouges, noirs, ocre et orange. À Haría, notre regard peine à répertorier les 1000 palmiers disséminés dans la vallée. Sur les plages dorées et sauvages de Papagayo, on a le bonheur de se baigner dans des eaux cristallines et chaudes. Et cette « petite planète Mars » a encore bien d’autres curiosités à offrir : La Geria, des vignes poussant dans les cendres et protégées du vent par des murets en arc de cercle, El Golfo et son petit lagon d’algues vertes fluorescentes, les grandes falaises basaltiques de Famara ou encore le volcan de la Corona, le plus haut de l’île… On n’est pas en reste non plus avec les incroyables œuvres de l’artiste César Manrique : son extraordinaire fondation construite sur cinq bulles volcaniques, Los Jameos del Agua, des cavités souterraines aménagées en restaurant et auditorium ou le Jardin de Cactus (attention ça pique les yeux, tellement c’est beau !). Cet enfant du pays a participé avec brio à la conservation du patrimoine naturel et culturel de l’île en luttant contre les spéculations immobilières. Autant de trésors à découvrir sur l’itinéraire Volcans et sentiers de Lanzarote.

De haut en bas, de gauche à droite : 1) Plage de Papagayo à Lanzarote © elroce/stock.adobe.com 2) Village d’Haría et la vallée des mille palmiers à Lanzarote © Emilie Prdx/Nomade Aventure 3) Randonneurs aux abords du parc national de Timanfaya à Lanzarote © Ariane Citron/stock.adobe.com 

La Graciosa, la tranquille

Surnom : la huitième île
Signe particulier : l’île la plus secrète de tout l’archipel
Points d’intérêt : des paysages volcaniques arides, de jolies plages de sable blanc aux eaux turquoise, des fonds marins d’une grande richesse…

Randonnée à La Graciosa © Marion Jannin/Nomade Aventure 

La Graciosa est située dans l’archipel de Chinijo dans le prolongement de Lanzarote. Du Mirador del Río d’où on l’aperçoit dans son intégralité, on pourrait presque les confondre tant elles sont proches et se ressemblent. À une différence près : ce petit territoire aride où ne vivent que 700 âmes est peut-être l’un des rares endroits d’Europe où aucune route goudronnée n’existe. Un véritable havre de paix ! Après une courte traversée en bateau depuis le port d’Orzola, on l’arpente grâce à ses petits sentiers côtiers bien tracés. Et quel lumineux tableau l’on découvre alors : sable blond des dunes, coulées de lave noires curieusement sculptées, cratères rougeoyants, et surtout de superbes plages aux eaux turquoise où se baigner et faire du snorkeling… Classée avec les petites îles voisines parc naturel et réserve marine, c’est aussi un lieu de prédilection pour observer de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons et mammifères marins, dont certains menacés d’extinction. Sous les volcans, la plage permet, en famille, de sillonner l’île à vélo, l’activité idéale pour en faire le tour sans trop se fatiguer et s’arrêter où l’on veut. C’est parti, vamos a la playa en bicicleta !

Alors quelle île des Canaries choisir ? Nous, on ne sait toujours pas…

Photo de Une : Randonnée dans le parc national du Teide à Tenerife © Uwe Albert-Thiele/fotolia.com

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