Dans Actus Nomade

Le 8 octobre dernier, Nomade Aventure recevait trois de ses guides mauritaniens les plus emblématiques le temps d’une soirée spéciale dédiée au dernier pays où il est encore possible de marcher dans les sables du Sahara des jours durant, et d’expérimenter le désert et sa philosophie : j’ai nommé l’envoûtante Mauritanie.  

Conversation sur fond de poésie avec Kadi Mehdi, Youmbaba Ahmed Jeiddou et Taham Sid’Ahmed, trois hommes des sables rencontrés à Paris… et qui nous attendent chez eux depuis…

Pour démarrer cette rencontre, pouvez-vous nous décrire le tourisme tel qu’il est en Mauritanie et nous expliquer sa particularité ?

« Le tourisme en Mauritanie est récent comparé au tourisme des pays voisins. Il a été créé il y a 25 ans environ, par quelques tour-opérateurs précurseurs dont Nomade Aventure. Le tourisme n’est pas un tourisme de masse chez nous : ses fondements sont bons et permettent aux populations du Sahara de rester chez elles, de se stabiliser car elles tirent directement profit de cette activité économique. Dès le départ, Nomade Aventure a voulu y développer un tourisme durable, avoir une éthique, lutter contre la pauvreté. Et c’est notre rôle en tant que partenaires de Nomade sur place de répartir équitablement le prix de toute la prestation sur l’ensemble des parcours et des personnes qui interviennent : le transport, les guides, les femmes qui tiennent les structures d’hébergement… Ce tourisme favorise véritablement un développement durable et un soutien aux populations locales. C’est sa force : nous avons seulement 6 mois d’activité dans l’année mais une autonomie financière de 12 mois grâce à lui. »

« Nous avons fait le constat dans un petit village où il n’y avait plus beaucoup de populations, de tous les bienfaits du tourisme. Lorsque j’y suis passé à mon premier circuit, tout était fermé. La fois d’après, j’y ai vu les gens revenir et l’école ouvrir pour les enfants. L’exode s’est arrêté, les gens revenaient car le tourisme avait des répercussions positives sur l’économie locale… »

Villages et rencontres en Mauritanie © Guillaume Canellas © Laurie-Elisa Petis / Nomade Aventure

Qu’est-ce que l’on retient tout particulièrement de ce pays lorsque l’on y voyage ?

« La Mauritanie a toujours été réputée pour son hospitalité et son accueil. Il y a un esprit de partage, de respect des cultures, autant européenne que mauritanienne. Et le voyage en Mauritanie est forcément marqué par le désert, son immensité et ses paysages mais surtout par la gentillesse de ses populations. »

« Les Mauritaniens ont la réputation d’être des poètes. Venir en Mauritanie, c’est donc capter cet art de la poésie. C’est le pays d’un million de poètes en fait ! Qui ont donc forcément un art de vivre et le sens d’une vie heureuse… Les soirées sont animées par des contes, de la poésie, des chants avec les chameliers… »

« Les gens qui viennent jusqu’à nous une première fois reviennent en Mauritanie en très grande majorité… »

Soirée autour du feu et préparation du repas avec les chameliers © Florian Hauer © Guillaume Canellas / Nomade Aventure

Où nous emmenez-vous lorsque l’on voyage à vos côtés avec Nomade Aventure ?

« Nomade dessert une région qui est appelée l’Adrar. Elle possède un décor extraordinaire, une grande diversité de paysages… Mais on y découvre aussi des villes classées patrimoine mondial par l’Unesco, Ouadane et Chinguetti. Une autre étape très importante en Mauritanie, c’est celle du banc d’Arguin, qui est une des plus grosses réserves ornithologiques au monde où les oiseaux migrateurs d’Europe viennent nicher durant leurs six mois d’hiver. »

De haut en bas et de gauche à droite :
Dunes de l’Amatlich dans l’Adrar © Virginie Graton – Chinguetti et canyon de Terjit © Florian Hauer/Nomade Aventure – Banc d’Arguin © Fabian/stock.adobe.com

Pourriez-vous nous parler d’un son, d’une odeur ou d’une saveur qui vous est particulièrement cher et évocateur de votre pays ?

« Quand on se balade dans le désert à certains moments de l’année, les acacias donnent des pompons jaunes et les voyageurs peuvent alors sentir leur odeur de très loin. C’est quelque chose d’extraordinaire… Tout comme les odeurs d’épices lorsque les cuisiniers préparent le repas du soir : on hume quotidiennement les odeurs de la cuisine et j’entends alors les gens dirent « Hum ! Comme ça sent bon… » Voilà mon mélange de parfums et de saveurs adoré… »

Qu’est-ce que le voyage vous a enseigné en tant qu’homme ?

« La rencontre avec l’Autre, différent culturellement de nous.La conscience que notre pays possède une richesse culturelle et naturelle. Et beaucoup de sagesse, notamment pour la gestion des moments difficiles. Lorsque nous avons traversé ces dix années où il n’y avait plus de touristes, cette sagesse nous a permis d’attendre avec patience et espoir le retour extraordinaire des voyageurs… »

Justement, comment les Mauritaniens perçoivent ce retour des voyageurs chez eux ?

« La réouverture, c’est le bonheur total pour les autochtones ! C’est la pluie, c’est l’espoir ! Dans le désert, lorsque les nomades ont la pluie, c’est le plus beau cadeau qu’ils peuvent avoir et aujourd’hui, le plus beau cadeau de la Mauritanie, c’est cette pluie de touristes… Même s’il n’y en a pas encore beaucoup ! »

Pour finir, vous qui êtes poètes, pouvez-vous nous dispenser un peu de votre philosophie le temps d’un proverbe bien de chez vous ?

« Il faut apprendre à écrire ses blessures dans le sable afin que le vent du pardon vienne les effacer et apprendre à graver ses joies dans la pierre afin qu’aucun vent ne puisse les effacer… Ça c’est la sagesse du désert ! »

Enfin, pour vous immerger dans le désert avant de plonger pour de vrai dans un océan de dunes …

Découvrez notre petit clip d’environ 3 min réalisé sur le voyage De Chinguetti aux dunes de l’Amatlich !

Image à la Une © Laetitia Santos

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