Nomade Aventure compense à 100 % le CO2 des vols de ses clients !

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Nomade Aventure a décidé de compenser, à partir de 2018, la totalité des émissions estimées de CO2 générées par les vols pris par ses clients pour se rendre à destination. Et de le faire savoir : fini le « greenhushing » (l’inverse du décrié « greenwashing »), place à une communication assumée et responsable !

Fabrice Del Taglia, directeur général de Nomade Aventure, nous explique la démarche dans cette interview…

Fabrice au Zimbabwe

Pourquoi avoir décidé de compenser 100% du CO2 émis ?

Nomade Aventure était déjà parmi les très rares tours opérateurs à compenser, depuis 2010, jusqu’à 20% du CO2 émis par les vols de ses clients (et 100% pour les vols du personnel de l’entreprise), au travers de sa fondation d’entreprise Insolite Bâtisseur Philippe Romero. En fait même davantage, d’ailleurs : 23% des 22 000 tonnes de CO2 émises en 2016-2017, et 30% à partir de 2018 si on prend en compte le prix de la tonne des nouveaux programmes dans lesquels nous allons investir. C’était donc déjà extrêmement significatif, bien supérieur à ce que nous disions aux clients (seulement 10%), et peu courant (à l’instar des autres principales sociétés du groupe Voyageurs du Monde). Il n’empêche : 70 à 80% du CO2 émis restait non compensé. Et donc venait apporter sa contribution négative à l’un des plus graves problèmes de notre temps, le réchauffement et les changements climatiques, et leur cortège de corolaires : appauvrissement de la biodiversité, menace sur des espèces végétales et animales indispensables à l’équilibre des écosystèmes et à certaines activités humaines, engloutissement de certaines régions sous la montée des eaux du fait de la fonte des glaces, sécheresses venant jeter sur les routes de la migration des dizaines de millions d’êtres humains, multiplication des épisodes météorologiques extrêmes, etc. Il était temps de cesser définitivement de faire partie du problème, mais d’être partie intégrante de la solution.

Mais le transport aérien ne représente, selon les experts, que 2 à 3% des émissions mondiales de C02. Et celui lié au tourisme encore moins. Donc n’est-il pas dérisoire de compenser ses émissions ?

Et vous pourriez ajouter que les émissions de Nomade Aventure sont encore plus dérisoires. Mais je suis profondément adepte de la maxime de Théodore Roosevelt : « Do what you can, with what you have, where you are. » (« Faites ce que vous pouvez, avec ce que vous avez, là où vous êtes »). Si tout le monde l’adoptait, et en particulier – mais pas seulement – les « décideurs », y compris privés, le monde en serait radicalement changé.

Concrètement, que signifie « compenser » les émissions de CO2 ?

Il y a différentes manières de le faire, mais celle que nous avons choisie consiste à investir dans des programmes de plantation d’arbres, ou plus exactement de reforestation (au Pérou), et surtout de plantation de mangrove, en Indonésie et en Inde (et précédemment au Sénégal). Planter des arbres, cela revient à stocker du carbone, donc à limiter sa concentration dans l’atmosphère. Et avec la mangrove tout particulièrement : un chercheur a montré que cet écosystème est celui qui capte le plus de carbone.

De plus, planter de la mangrove améliore très directement la vie des populations locales, d’une part parce qu’elle protège les côtes de l’érosion (donc les sols cultivables situés juste derrière), d’autre part parce que ce sont des zones à la très riche biodiversité qui permettent aux poissons de mieux se reproduire, donc d’augmenter la ressource halieutique des populations. Mais tout cela nécessite de l’argent : pour compenser 100 % de nos émissions, nous allons donc plus que tripler, dès cette année, les montants que nous versons aux ONG qui s’occupent de ces programmes de plantation. C’est un effort financier important.

La nouveauté, c’est aussi que vous assumiez de communiquer vraiment sur le sujet.

C’est vrai, nous avons longtemps été plutôt frileux sur la communication relative à nos engagements en matière de tourisme durable en général. D’abord parce que nous pensions que ce n’était pas vraiment une attente de la part de nos clients – ou pour beaucoup d’entre eux une simple évidence que nos pratiques devaient être exemplaires. Ensuite parce que les pratiques, parfois bien réelles, de « greenwashing », ont fini par jeter un certain discrédit sur tout discours de marque autour de ces sujets. Enfin parce qu’il est compliqué de communiquer sur ces sujets, d’éviter aussi bien de se contenter d’exemples de pratiques sympathiques mais finalement anecdotiques, que de culpabiliser ou de choquer en évoquant les problèmes majeurs. Nous avons donc un peu trop opté pour ce qu’on appelle le « greenhushing » (littéralement le « chuchotement vert, » c’est-à-dire le fait d’en parler le plus discrètement possible), ce qui est finalement une autre forme de conformisme, d’adaptation au discours – ou non-discours – attendu. Mais il faut dépasser ça. C’est pourquoi nous avons produit une petite vidéo sur notre compensation à 100 % du CO2 émis, qui ne craint pas de poser d’abord le problème du réchauffement, et la part que le tourisme y prend, en des termes et des images forts, avant de proclamer notre engagement et d’expliquer nos actions. Nous espérons que, comme l’a relevé l’une des ONG partenaires, cette vidéo puisse être « inspirante », c’est-à-dire donner envie à chacun de se demander ce qu’il peut faire, avec ce qu’il a, là où il se trouve, pour reprendre la phrase de Roosevelt.

Un film qui se termine par la mention d’Agir pour un Tourisme Responsable

Oui car nous sommes fiers d’être labellisés ATR depuis sept ans. Et sans doute l’année prochaine serons-nous conformes à la norme internationale ISO 20611 « Tourisme d’aventure – Bonnes pratiques pour le développement durable – Exigences et recommandations », qui est dans la dernière ligne droite de son élaboration. Pour l’anecdote, en tant que Président de la Commission de Normalisation Afnor « Tourisme d’Aventure » (au nom d’ATR), et donc représentant de la France au sein de la commission internationale, j’ai notamment fait retirer du projet de norme ISO un article qui interdisait les instruments de musique dans les espaces naturels (un peu excessif, non ?)… mais y ai fait inclure la recommandation de « réduire et/ou compenser toutes les émissions de gaz à effet de serre causées par la consommation énergétique ».

Voir la vidéo

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