L’Iran : un pays fondamentalement ouvert !

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Interview de David, chef de projet web chez Nomade Aventure, de retour de son trip en Iran. 

David, tu rentres tout juste d’Iran, pourquoi as-tu choisi de partir dans ce pays ?
Pour plusieurs raisons. D’abord, pour rendre visite à une partie de la famille de mon amie qui habite là-bas. Ensuite, historiquement, c’est un pays qui m’intéresse pour ses nombreux sites chargés d’histoire. C’est LE berceau de notre civilisation, des premières cultures humaines, des premiers écrits, des premières sédentarisations… puis j’ai eu des échos de la famille disant que les Iraniens étaient très chaleureux avec une ouverture d’esprit incroyable. Tout cela ne collait pas avec le discours officiel qui est de nous fait croire que le pays est très conservateur, replié sur lui-même. J’y suis donc allé sans apriori. Et je n’ai pas été déçu !

Iraniennes curieuses qui viennent à la rencontre des touristes.

Iraniennes curieuses qui viennent à la rencontre des touristes.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris en Iran ?
La curiosité des gens, leur ouverture d’esprit… Ils aiment échanger et cherchent vraiment à vous connaître. Les communications extérieures étant filtrées par le pouvoir, dès qu’ils ont une occasion, ils vous convient chez eux. Nous avons rencontré beaucoup d’Iraniens lors de ce voyage, et nous nous sommes donc retrouvés à refuser beaucoup d’invitations à dîner et même pour dormir. Nous ne sommes finalement pas habitués à autant de gentillesse. On se dit, au premier abord, que ce n’est pas normal, qu’ils vont nous demander quelque chose en retour. Pas du tout. C’est juste cette envie de communiquer avec les étrangers, car ils sont, pour la plupart, dans l’incapacité de sortir d’Iran. Leur culture est énorme, et ils connaissent parfaitement les langues étrangères. Cela donne des conversations très intéressantes et enrichissantes.

Que faire, que voir en Iran selon toi ?
Comme nous y sommes restés trois semaines, nous avons d’abord visité tous les sites incontournables comme Persépolis, Ispahan, Yazd…

La vallée d'Alamut. Avec le paradis qui déroule ses vergers en contre bas des montagnes enneigées de l'Alborz et tout en haut du rocher, les vestiges de la fameuse forteresse ismaélienne.

La vallée d’Alamut. Avec le paradis qui déroule ces vergers en contre bas des montagnes enneigées de l’Alborz et tout en haut du rocher, les vestiges de la fameuse forteresse ismaélienne.

Ensuite, nous avons décidé de faire un crochet dans  les monts Alborz, au nord de Téhéran, pour voir entre autres la forteresse d’Alamût, sujet de bons nombres de légendes, et les jolis petits villages de la région, pour certains classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Les paysages des monts Alborz méritent le détour. Ce sont des pâturages très verts, contrastant avec les plateaux du centre du pays, en général, semi-désertiques. C’est aussi une parenthèse très rafraîchissante après la chaleur et le speed de la ville de Téhéran.

Une demeure Perse typique dans le vieux Shiraz.

Une demeure Perse typique dans le vieux Shiraz.

Un autre endroit que je recommande tout particulièrement : la ville de Shiraz, tout près de Persépolis. Ce n’est pas la plus belle ville d’Iran, mais culturellement, c’est la plus riche. Les gens y sont férus d’art et de littérature. C’est aussi la ville où sont enterrés deux poètes du Xe et XIIe siècle : Hafez et Saadi. Je conseille d’aller voir la tombe de ces poètes, qui est devenue avec le temps, un lieu de véritable pèlerinage, où les gens viennent lire et réciter des poèmes.

Et, pour les virées nocturnes, nous avons expérimenté les sitting-clubs, des pseudos discothèques où l’on s’assoit pour boire des soft et où l’on a le droit de se dandiner uniquement assis, au son de la musique (rires). On s’est bien marré !

Sous un pont d'Ispahan on chante et on déclame.

Sous un pont d’Ispahan on chante et on déclame.

De même, nous avons expérimenté des lieux publics qui, la nuit venue, sont pris d’assaut par de nombreuses personnes cherchant la fraîcheur et le divertissement. Par exemple, une expérience à ne pas louper : sous un des ponts principaux d’Ispahan, la foule a pris l’habitude de se rassembler sous ses arches en famille ou entre amis, certains pour y déclamer des poèmes en public, d’autres pour y chanter à l’unisson des chants traditionnels, parfois gentiment contestataires. Tout est bon pour repousser les limites qu’impose la loi islamique.

Je pense vraiment revenir en Iran car je n’ai pas eu le temps de visiter certains sites qui me tiennent à cœur, comme la Ziggourat de Chogha Zanbil.

Si tu devais caractériser le pays en 4 mots, lesquels seraient-ils ?

Des copains et des copines attentionnés  partout !

Des copains et des copines attentionnés partout !

• Fondamentalement curieux, ouverts et accueillants
Que l’on soit face à des religieux ou à des civils, les Iraniens font preuve d’une ouverture d’esprit sincère et d’une curiosité rare, qui les amènent à vous solliciter régulièrement pour échanger dans la pure tradition de la discussion orientale, c’est-à-dire à bâton rompu, et souvent pleine de second degré, voire d’humour ! L’hospitalité perse n’est pas feinte. Elle est sincère et toujours dénuée d’intérêt. La société iranienne dans son intimité est loin des clichés du fondamentalisme, austère et fermé, qu’on lui colle et que sa classe politique cultive.

• Erudition
Le niveau culturel des Iraniens est de loin, le plus élevé que j’ai pu rencontrer au cours de mes voyages. Chauffeur de taxi le soir, ingénieur en ergonomie le jour, retraités érudits traquant les étrangers pour simplement échanger avec eux à propos de Montesquieu ou de Voltaire, jeunes gens parlant parfaitement plusieurs langues étrangères sans être jamais sortis d’Iran… et sous chacune de ses personnes se cache un ingénieur informatique, capable de contourner tous les verrous que le gouvernement a mis en place sur Internet. Ainsi, un enfant m’expliquait comment mettre en place un VPN (réseau informatique privé) sur mon téléphone, pour passer au travers des filtres sur Internet afin d’avoir accès à Facebook… De l’aveu même des jeunes, ayant beaucoup de recul sur leur situation, la révolution islamique aura au moins eu cette avantage incontestable : dans un pays où bar, boîte de nuit et effusion amoureuse sont proscrites en public, loisirs et divertissements riment ici avec études et cultures.

La Place Naghsh-e Jahan d'Ispahan.

La Place Naghsh-e Jahan d’Ispahan.

• Patrimoine historique
Un pays complet à classer au patrimoine de l’humanité. Ce pays du croissant fertile a vu naître LA « civilisation ». Avec la sédentarisation des hommes, les premières cultures agricoles et les premiers établissements urbains sont apparus. Rapidement suivi par la naissance de l’écriture. Bien que parfois « profane », ce patrimoine est préservé et sacralisé, contrairement à d’autres endroits sous les feux des projecteurs de l’actualité.

Ainsi, il y subsiste de nombreux trésor de l’humanité, comme la ziggourat de Chogha Zanbil, la mieux conserver du croissant fertile (datant d’au moins 1 500 ans avant J.-C.), dans la région de Suze.

L’antique Persépolis, proche de Shiraz, où l’on peut encore ressentir la richesse du royaume perse antique, qui un jour fit trembler la Grèce. On a encore l’impression de pouvoir voir au loin, dans la plaine, l’armée d’Alexandre approcher pour la conquérir. Enfin, le patrimoine islamique impressionnant comme Ispahan, les villes du déserts et le souvenir de la Route de la Soie

Ce pays regorge d’un patrimoine culturel qui déroule sa chronologie de la naissance de la civilisation, jusqu’à nos jours. Nulle part ailleurs, j’ai pu voir une telle continuité, et une telle diversité historique et archéologique.

Téhéran de nuit.

Téhéran de nuit.

• Modernité et sécularité
Il est surprenant et plutôt insolite de voir le nord résidentiel de Téhéran dessiner sa skyline de bulding ultramodernes sur fond de la chaîne de l’Alborz et du mont Damavand enneigé. Ville trépidante à l’énergie entraînante, tout le monde s’y affaire. Elle est pourvue de nombreux grands parcs, de musées, de terrains de sport et de fontaines réfrigérées (eau fraîche gratuite disponible tous les 100 mètres !). L’Iran est un pays riche en ressource. Pour s’y déplacer, le réseau routier et les bus y sont parfaitement modernes et partout les équipements publics sont de haut niveau.

Si comme David, vous souhaitez partir à la découverte de l’Iran, faire un voyage dans le temps  sur ces terres riches d’histoire et de culture, rendez-vous sur notre site où près de 10 aventures vous attendent.

Mosquée d'Ispahan.

Mosquée d’Ispahan.

La Place Naghsh-e Jahan d'Ispahan de nuit. Avec la fraicheur de la nuit tombante, les Iraniens se livrent à leur loisir favoris : le picnic !

La Place Naghsh-e Jahan d’Ispahan de nuit. Avec la fraicheur de la nuit tombante, les Iraniens se livrent à leur loisir favoris : le picnic !

Magnificence de l'art chrétien orthodoxe dans la Cathédrale Vank du quartier Arménien d'Ispahan.

Magnificence de l’art chrétien orthodoxe dans la Cathédrale Vank du quartier Arménien d’Ispahan.

Les toits de Yazd la belle du désert en fin de journée.

Les toits de Yazd la belle du désert en fin de journée.

Un palais a Shiraz. Ca brille, ça miroite, c'est "baroque", c'est "Les Mille et Une Nuits" !

Un palais a Shiraz. Ca brille, ça miroite, c’est « baroque », c’est « Les Mille et Une Nuits » !

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  • Nomade Aventure

    Bonjour Jeanne,

    Désolé de répondre si tardivement et en tout cas merci pour ta question, qui devrait me permettre de te confirmer ce que je décrivais de l’Iran.

    Tu demandes comment faire ? Je te répondrai simplement en prenant très vite un VISA ! Plus sérieusement, concernant ta question, et bien que mon expérience se soit faite en couple (ma compagne était donc « accompagnée »…) je peux te donner le ressenti de ma compagne.

    La concernant, elle n’a absolument pas trouvé l’ambiance pesante. Le plus contraignant à ces yeux a été le port du voile. Mais ceci dit, elle lui a aussi trouvé une grande utilité lorsque le soleil mordait durement ou qu’elle voulait passer incognito dans la rue. Il l’a parfois un peu gêné au restaurant. Le voile en Iran se porte de façon plutôt « détendue » (le sport national est de le tirer le plus en arrière possible pour montrer la belle décoloration de sa frange).

    Lors de nos conversations avec les locaux, les hommes s’adressés à elle comme à moi sans réelle distinction. A aucun moment le fait d’être une femme ne lui a interdit d’entrer quelque part, ou de commander quelque chose, ou de parler avec qui que ce soit.

    De façon plus générale, elle n’a pas ressenti de regard insistant. Ou en tout cas pas plus qu’en France même si en tant que touriste et sans considération pour le genre, tu seras forcément plus regardée qu’un local. Mais là paradoxalement en tant que femme tu « bénéficieras » du port du voile. Disons que te fondras mieux dans la population locale qu’un homme blond avec des taches de rousseurs… Tant et si bien que parfois on parlait à ma compagne en persan, puis à moi en anglais. Quoiqu’il en soit les iraniens restent beaucoup plus timides et respectueux que bien des français et donc t’approcheront avec milles précautions.

    Autres exemples intéressants concernant les femmes locales cette fois :
    La voiture de tête du métro est réservée aux femmes. Mais les femmes peuvent bien sûr si elles le souhaitent utiliser les autres ram mixtes, ce que ma compagne à régulièrement fait avec moi.

    Dans beaucoup de bar « moderne » de Téhéran vous verrez les jeunes femmes fumer la chicha parmi les hommes.
    A Téhéran nous avons eu l’occasion d’avoir des chauffeurs de taxi femmes (oui les femmes conduisent en Iran). Et crois-moi, elle ne se laissent pas marcher sur les pieds par les hommes ! Elle ne sont jamais gênés pour me recadrer lors des négociations de tarif ou même pour recadrer les policiers qui les gênés dans leurs manœuvres…

    Voilà pour notre expérience.

    Pour abonder, en parallèle cette année, deux de mes amies sont aussi allées seules et séparément en Iran (30 et 45 ans). Aucune des deux n’a ressenti de difficultés ou d’entraves. L’une d’elle est même aller dans le nord de l’Iran, montagneux, beaucoup plus rurales, et très peu touristique et elle n’y a ressenti aucune gêne.

    Bien sûr comme dans tous voyages, il ne faut pas sombrer dans l’angélisme et penser que rien ne peut arriver. Rester prudent est toujours un bon réflexe et se fier à son ressenti est toujours opportun pour évaluer les situations. Malgré la réelle gentillesse désintéressée des Iraniens, il doit y avoir là-bas, comme ici, des délits (mais vu l’état plutôt autoritaire et la société iranienne très policée je pense qu’ils sont beaucoup moins nombreux en Iran qu’en France et nous nous sommes toujours senti parfaitement en sécurité…).

    Par contre ce qui est sûr, c’est qu’en tant que touriste, vu la faible population de touristes étrangers, tu bénéficieras d’un fort pouvoir d’attraction auprès des locaux, toujours curieux, et de beaucoup de compréhension voir de permissivité vis à vis de la loi islamique (ma compagne portait par exemple des sandales nues-pieds ce qui bien que pas recommandé n’a jamais choqué personne y compris dans les mosquées). De même, niveau tourisme, je n’y ai vu aucunes petites arnaques adressées aux touristes étrangers. Tu seras confrontés aux mêmes choses qu’un touriste local. Ni plus ni moins. Ce qui en toute honnêteté est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins agressif que les rabatteurs qui sévissent dans les zones très touristiques de France par exemple…

    Voilà j’espère avoir répondu à ta question. Je ne saurai que trop te recommander d’aller vite en Iran. Magnifique pays. Culture et richesse historique millénaire d’une densité peu commune. Population très cultivée et accueillante. Infrastructure modernes et efficaces. Ce pays au potentiel énorme est en train de s’ouvrir. C’est à priori bien pour les Iraniens. Mais peut-être moins pour nous autres touristes, car la pression touristiques risque comme souvent de « pervertir » certaines relations. Alors pour ne pas courir le risque de louper cette merveille, il faut se dépêcher !

    Au besoin si tu as des questions plus précises je peux te mettre en contact avec ma compagne.

    Au plaisir d’entendre ton retour sur ce magnifique pays.

    David

  • Jeanne V.

    Salut ! Tu dis que l’Iran est un pays ouvert, je veux bien te croire. Mais si tu voyages en tant que femme seule, comment faire ? J’aimerais voyager en Iran seule cet hiver, comment faire ? Merci pour vos réponses, Jeanne V.

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