Au vert à Cuba…

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Nous sommes dans la ferme de Martha et Liché, aux portes de la vallée de Vinales, célèbre pour ses étranges mogotes lui donnant un air de baie d’Halong qui se serait asséchée. Un jardin tropical entoure les petites cabanes, où nous passerons la nuit qui tombera dans quelques heures. Un peu plus bas, les chèvres, les dindons, les canards, les pintades, les lapins et quelques cochons noirs en liberté, ont l’air de vivre dans une joyeuse et bruyante harmonie. Le papa de Liché, lui, s’occupe de l’exploitation maraîchère où sont cultivés choux, haricots, riz, yucca, malanga, manioc, taro, patate douces, bananes plantains… Les fruits ne sont pas en reste, on y trouve mamey, papaye, mangue, ananas, carambole, avocats, corossol, jaquier, noix de cajou, noix de coco, lichee…

Martha est biologiste de formation mais elle travaille actuellement comme assistante sociale. Liché, son mari est un véritable guajiro, il fait partie de ces paysans cubains qui accueillent les voyageurs, pour leur faire découvrir la diversité et la richesse de la paysannerie cubaine, chaque jour de plus en plus reconnue dans le monde entier.

A la fin des années 1980, la chute de l’URSS plonge Cuba dans une des pires crises alimentaires et énergétiques de son histoire. Son principal partenaire défait, l’étau américain se resserrant, la perle des caraïbes se retrouve de plus en plus isolée, c’est le début de la « période spéciale ».

Mais Cuba est une terre de révolution, une terre courage et fertile où les cubains ont su inventer leur propre survie, innover, résister, créer d’avantage. Dans les pas d’un José Marti, héros de l’indépendance cubaine et face à la nécessité de se nourrir, une nouvelle façon de cultiver la terre émerge. Plus adaptée, plus locale, plus respectueuse des techniques traditionnelles, en quelques années l’agro écologie cubaine devient une référence mondiale.

Cela fait déjà deux jours que nous sommes entrés dans le quotidien de Martha et Liche, ils partagent avec nous leur savoir faire, leur histoire, leur culture, et réciproquement nous participons de bon cœur aux activités de la ferme. Il est à vrai dire difficile de faire autrement tant, chaque jour, c’est de nouvelles plantes et de nouvelles pratiques agricoles que nous découvrons.

Nous avons l’impression de vivre ici depuis des mois.

Malheureusement il faudra bien leur dire au revoir, les instants passés ici furent délicieux, ce genre d’instant qui vous pousse à sortir de sa zone de confort, à réellement se confronté à l’altérité. Heureusement, d’autres fermes nous attendent, d’autres rencontres, d’autres paysages, des cascades, la mer des Caraïbes… Nous en salivons déjà. D’ailleurs, au fil de nos pensées est venue l’heure du dîner, les effluves de bananes plantins frites commencent à se faire sentir, ce soir nous mangeons créole.

Demain, nous reprendrons la route à bord de notre « maquina », cette vieille voiture américaine des années 60 qui semble avoir figé Cuba dans le temps ou du moins pour un temps, au vu des dernières nouvelles venues d’en haut et des bouleversements à prévoir…

Tout savoir sur notre voyage à Cuba « Revolución verde ! »

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